Fagor-Brandt

J'entre dans des friches industrielles afin d'interroger ces lieux en tant qu'objets signifiants. Plus qu'un problème systémique source de pollution, ces "stigmates" apparaissent dans notre paysage chargés d'une histoire.

Lancée en 1945 sous le nom de "Confort Rationnel par l'électricité, SA", la société est spécialisée dans les appareils électro-ménager. Ce n'est qu'en 1969 qu'elle  prend le nom de C.I.A.P.E.M : Compagnie d'Appareils Electroménagers. Ancien fleuron de l'industrie lyonnaise, le site employait jusqu'à 2.000 personnes au début des années 80. La délocalisation progressive de la production à partir de 2005, avec le rachat du site par l'espagnol Fagor, provoque le déclin du site industriel puis sa vente à la SITL et à Cenntro Motors : les plans de reconversions de la production ne sauveront pas l'usine : le 30 octobre 2015 la liquidation judiciaire est prononcée, entraînant le licenciement des 382 salariés encore actifs.

D'une zone d'activité de 110.000 m², il ne reste plus que 29.000 m² en friche, terrain des événements Nuits Sonores, ainsi que de la Biennale d'Art de Lyon et de la Danse. 

En décembre 2016, j'ai réalisé cette première série de photographies en collaborant avec Arty Farty et la Ville de Lyon : au cœur du site laissé en partie à l'abandon, ce fut l'occasion de mettre en lumière cette mémoire ouvrière, ainsi que son patrimoine.

Réactivation

Ce projet photographique a été réactivé en août 2021, grâce à une collaboration cette fois avec les équipes de la Biennale de Lyon, me permettant d'explorer la dernière chaîne de production encore visible sur site. 5 années depuis la première série, la même paire de gants posée sur une échelle est toujours bien présente. Ces lieux figés dans le temps ont été conservés par l'activité culturelle et artistique temporaire.

Avec ce nouveau travail, j'ai désiré me focaliser sur la productivité et l'environnement industriel, au sens de cette économie mondialisée et déshumanisante pour l'ouvrier. Aussi, pour illustrer de l'intérieur la mécanique, quasi organique, de cette usine à biens de consommation où l'ouvrier producteur est exploité, lui-même consommé puis jeté.

Aujourd'hui la "Réactivation" du projet offre l'espoir de créer une dernière série de photographies, des portraits d'anciens ouvriers de l'usine au cœur de ces espaces. Un travail que je souhaite porter afin d'écouter et entendre leurs témoignages, qui viendront compléter ce travail comme ressource et sauvegarde de cette précieuse mémoire qui nous échappe... 

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Appel à
Participation

Vous êtes un.e ancien.ne ouvri.er.ère du site ? Vous connaissez quelqu'un ayant travaillé dans ces usines ? N'hésitez pas à me solliciter : nous organiserons différents temps de rencontres aux usines pour réaliser vos portraits sur site !

Merci pour votre envoi !

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