Instagram, Facebook : connaître et comprendre les changements initiés par Meta

Dernière mise à jour : 28 juil.



Si vous les avez ratés, bravo ! Il est peut-être encore temps de faire demi-tour et d'éviter de tomber dans des considérations, telles que : comment fonctionne l'algorithme ? Quel comportement adopter pour augmenter ma visibilité ? Quels sont les changements majeurs des plateformes Facebook et Instagram ?

Pour celles et ceux qui sont intéressés par ces différents points, je vais tenter de vous expliquer comment tout cela fonctionne, avec mon expérience appuyée des explications d'un Pro Marketing de chez META.


Un algorithme, c'est quoi ?

Pour commencer notre histoire, je dois d'abord vous raconter la mienne : artiste photographe, le confinement a marqué un coup d'arrêt dans mes projets d'expositions. Invisible dans le monde réel et sur les réseaux, frustré par ce silence assourdissant à chacune de mes publications, j'ai décidé à l'été 2020 de profiter de deux voyages pour changer ma manière de communiquer mes photographies.

C'est important car, nous ne le savions pas, je ne le savais pas, mais Instagram connaîtrait dans les 16 mois qui suivirent une série de changements majeurs.


"En août 2021 je fêtais les 5000 abonnés, et chacune de mes publications dépassaient aisément le millier de Like"

À cette époque, j'ai vite réalisé que l'algorithme donnait de la visibilité à ce qui était populaire, c'est à dire ce qui engendrait des "like", des commentaires, des partages ou mieux encore, des enregistrements. Mais un algorithme, c'est quoi ? Instagram parlait alors de différentes méthodes de calculs, propres aux outils dont dispose l'utilisateur (Story, publication, live...) et qui élaborent des classements en termes de popularité et de centres d'intérêt. La firme a par exemple confirmé que son application fonctionnait dans un principe de récompenses, de bonus et de malus : leur distribution (de la visibilité, ou de l'invisibilité) étant ordonnée en fonction du comportement de l'utilisateur jugé authentique ou non, par exemple s'il "spam" - c'est à dire qu'il inonde ses abonnés de contenus, qu'il utilise trop de # ou encore qu'il utilise trop les fonctions Like, commenter, s'abonner...


Ma stratégie était donc simple, je devais me rendre visible et partir à la rencontre d'un public cible : les passionnés de photo et de nature - plus susceptibles d'aimer mon contenu - mais surtout, celles et ceux qui ont un profil bien particulier : ceux qui like, commentent, partagent et enregistrent. Allant de hashtag en hashtag, je passais des heures chaque jour à m'intéresser au contenu des autres utilisateurs les plus actifs, afin qu'ils s'intéressent à leur tour à mon contenu. Je n'avais qu'une règle : ne pas me soumettre à l'hameçonnage, c'est à dire le follow / unfollow (s'abonner et de désabonner rapidement). Je n'avais qu'une obsession : une base d'abonnés solide, des abonnés qui soient actifs et surtout engagés et avec qui communiquer quotidiennement. Le résultat fut sans appel :

  • En août 2020, environ 500 personnes étaient abonnées à mon compte,

  • En août 2021 je fêtais les 5000 abonnés, et chacune de mes publications dépassaient aisément le millier de Like.

Puis, au fil des semaines et des mois, les nouveautés apparurent sur la plateforme et la perte de visibilité avec... Tout était entrain de changer.


Quels changements et pour quoi ?

Vous pensez que Instagram fait tout pour s'aligner sur le succès de TikTok ? Vous avez raison. Insta a perdu des centaines de milliers d'utilisateurs tandis que TikTok bât tous les records : ne pas réagir serait un suicide économique. Pourtant, résumer ces changements à cette guerre qui vise à attirer la faveur des jeunes, ce serait réducteur pour Instagram.


"En moins de cinq minutes j'étais au téléphone avec un Pro Marketing Meta"

L'application a amorcé sa transformation depuis plus de trois ans, en présentant une nouvelle politique plus soucieuse du bien-être de ses utilisateurs les plus vulnérables. L'une de leurs préoccupations étant la dépendance aux likes : cette donnée peut désormais être masquée. Il s'agit également de réduire l'impacte des influenceurs et influenceuses, dont l'image peut nuire à celle de la plateforme. On le voit par exemple avec les communiqués officiels du très célèbre festival Burning Man, ouvertement anti-influenceurs. Et ça, Instagram l'a bien compris.




Pour aller plus loin, il faut comprendre que j'ai été récemment sollicité par Instagram pour bénéficier d'un accompagnement personnalisé. Voici comment cela s'est présenté à moi (capture d'écran).


J'ai longuement hésité, voyant dans la démarche une tentative de vendre davantage de publicités, ce qui n'est autre que le fond de commerce de l'application. Puis après plusieurs apparitions de ce message, j'ai finalement cliqué...



À partir de là, tout est allé très vite !

Je me suis simplement connecté et en moins de cinq minutes j'étais au téléphone avec un "Pro Marketing Meta". Ce dernier analysa en direct ma page, son potentiel, le sujet (le produit), la cible... Puis j'ai volontairement orienté notre échange sur ces questions qui me brûlent les lèvres depuis trop longtemps...


  • Quels sont les nouveaux paramètres de l'algorithme ?

  • Quelle est la bonne fréquence des postes ?

  • Comment utiliser les hashtag avec la dernière mise à jour ?

  • Quel est le contenu le plus attractif et mis en avant sur l'application ?


Le changement le plus important qui m'a été exposé tient dans la nouvelle méthode de calcul et de classement, que l'on surnomme l'algorithme : depuis quelques mois, Instagram ne mesure plus la popularité d'un poste - et donc ce qui est susceptible de vous plaire - à l'aide des compteurs de like, commentaires, etc. (les vôtres ou ceux des autres) mais à l'aide d'un chronomètre. C'est la thèse qui était déjà défendue dans l'excellent documentaire diffusé par NetFlix : Derrière nos écrans de fumées.



"Cette combinaison de transformations explique la perte d'audience que nous avons tous constatée, depuis 6 à 8 mois environ"

Dans les faits, cela signifie que l'application mesure le temps passé par un utilisateur sur une publication. Plus il est important, plus la publication est jugée intéressante. Une manière de lutter contre le pouvoir donné aux likes, mais surtout d'accorder bien plus d'importance aux Reels. Ces vidéos format court concentrent bien plus l'intérêt des utilisateurs et ont la faveur du chronomètre d'Instagram. Elles ont été directement importées de TikTok et ont fait une apparition fracassante dans nos fils d'actualité. Ce dernier est l'autre transformation majeure du nouveau Instagram, et bientôt, du nouveau Facebook : le fil principal se compose désormais de contenus suggérés et de publicités, tandis que les publications de vos amis sont relayées dans un fil alternatif, diffusées de manière chronologique (une méthode de classement jugée moins addictive).


Cette combinaison de transformations explique la perte d'audience que nous avons tous constatée, depuis 6 à 8 mois environ. D'après mon "Pro Marketing" elle représente en moyenne prêt de 30% mais pour moi, on parle davantage de 40 à 50% de perte d'audience des abonnées, compensée par l'audience provenant des # (les non abonnés). C'est assez simple à comprendre : vos publications n'apparaissent plus aussi facilement aux yeux de vos abonnés, qui sont inondés de contenus suggérés. En revanche, vous êtes susceptibles d'être suggérés aux yeux d'un public qui n'a pas directement choisi de découvrir vos publications. Et c'est là où vous devez apprendre à vous démarquer.


Quel comportement adopter sur Instagram ?


Malheureusement, ce n'est pas la qualité de vos photos et vidéos qui vous permettra de vous démarquer, bien que ce critère importe évidemment pour fédérer une communauté autour de vos contenus. Votre comportement sur l'application va définir votre visibilité. En terme de fréquence d'abord :

- officiellement, Instagram préconise que l'on poste peu de publications avec photo(s), c'est à dire 2 à 3 maximum par semaine, idéalement espacées de 3 jours. C'est la durée nécessaire pour que votre poste circule de manière efficace avant de s'essouffler. Poster plus aura pour conséquence de réduire peu à peu votre audience, comme si vous étiez mis de côté.

- en revanche, davantage de Reels, au mieux un par jour.


Officieusement, après avoir longuement analysé mes propres statistiques ; m'être essayé à différentes fréquences et avoir observé les résultats d'autres comptes similaires au mien, ce conseil ne sert que l'objectif d'Instagram de voir émerger une vague de Reels, mais certainement pas vos intérêts. Il semble que la raréfaction de vos postes, quels qu'ils soient, vous garantira une meilleur visibilité auprès de votre public cible.


"Certains hashtag ont tendance à isoler dans un entre-soi d'utilisateurs qui cherchent à être vus, plutôt qu'à découvrir"

Concernant les hashtag, mister Pro Marketing est catégorique : "plus personne ne les utilise comme il faut !" Son explication est assez simple : il faut désormais les voir comme une méthode de référencement, qui serait utilisée par un moteur de recherche pour faire apparaître votre poste. Ce sont des mots clés, qui doivent être les plus précis possible, soit sur une localisation (#Lyon #MontsdOr #Rhône), soit sur l'identité de votre poste (#PaysagedeFrance ou #streetartParis ?), une pratique (#randonnéeAlpes ou #footballMarseille) mais les #stademagazine et autres #picoftheday #beautifuldestination ont tendance à isoler dans un entre-soi d'utilisateurs qui cherchent à être vus, plutôt qu'à découvrir. Si la question vous intéresse également, les contenus qui génèrent le plus d'interactions actuellement sur Instagram sont :

  1. la santé et le bien-être,

  2. l'écologie et l'environnement


Enfin et surtout, l'application prône l'authenticité de ses utilisateurs et mène une guerre assumée contre les techniques mécaniques : c'est à dire, l'abus de like et commentaires sur une période courte pour attirer l'attention, ou le follow / unfollow. Rien de nouveau de ce côté, mais il est important avec toutes ces modifications (et frustrations) de rappeler que l'important, c'est de rester soi-même. Ce sera le meilleur moyen d'avoir un public fidèle à un contenu qui vous ressemble. Vouloir trop en faire aura pour conséquence de vous mettre de côté... N'oubliez pas que Instagram a officialisé le Banshadow : le fait que, sans être prévenu, vous soyez mis sur la touche à cause de comportements abusifs. Et cette menace plane toujours !


Facebook, une réelle carte à jouer pour les photographes ?

L'application qui a fait la renommée et la richesse de M.Zuckerberg, a longtemps été boudée par les photographes qui souhaitaient partager leurs plus beaux clichés. Absence de qualité en comparaison d'Instagram ; publication peu mise en avant dans les fils des abonnés... Cependant, la nouvelle mise à jour du fonctionnement des fan page a largement changé la donne et semble indiquer un virage, une passation entre les deux plateformes.



Observez ces captures d'écran issues de ma propre page. L'interface qui permet de basculer d'un fil à l'autre, celui du compte privé à celui de la page, permet d'interagir facilement en tant que page et à partir de votre smartphone. Cela signifie que vous pouvez cibler des groupes de partages de photos, en fonction des thèmes (Urbex, Randonnée, Nikon, Bretagne...), partager vos photos et interagir avec les autres membres de ces groupes et ce depuis votre fil d'actualité, boostant considérablement votre présence en tant que Fan page. Cerise sur le gâteau, vous pouvez envoyer une invitation à aimer votre page à tous ceux qui aiment vos postes, de quoi augmenter rapidement votre nombre d'abonnés.


Quel avenir pour ces applications ?

Meta a annoncé d'autres changements à venir dans le fil d'actualité Facebook, sensiblement similaires à ceux initiés sur Instagram, reléguant les publications des amis et de la famille dans un second fil d'actualité. Très clairement, la manière de consommer le fil d'actualité a été transformée et imposée par TikTok, comme étant la nouvelle norme d'utilisation des réseaux sociaux. De quoi dégouter certains créateurs de contenus. Ce qui semble perceptible, c'est la volonté de créer un cadre économique avec le rôle de la suite Business de Meta. À l'avenir, et c'est officiel, les créateurs de contenus pourront monétiser l'accès à leur compte sous la forme d'un abonnement. Tout ce qui se joue ici, c'est la pérennisation d'un modèle et d'un business qui porte bien son nom. Le photographe passionné ne pourra plus jouer dans la cours des professionnels. Les influenceurs et blogueurs devront être conformes aux exigences de la plateforme pour continuer à exister, au risque réel de disparaitre. Ce que veut Meta, c'est vendre de la pub. En nous rendant addict à la visibilité, ils ont appris le pouvoir que représentait la régulation de la visibilité.


En d'autres termes, la fête est finie.

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