La France brûle : et alors ?



Forêt de Savoie - 2019

Paysages pluriels


Ce débat n'est pas sérieux. Quand on parle de nature, une partie de la société nous regarde comme des fumeurs d'herbe sur une ZAD.


Ce débat ne peut être pris au sérieux, quand une autre partie de la société s'approprie la lutte pour l'environnement et l'écologie, puis les codifie par le biais de styles de vies et d'effets de modes, jusqu'à rendre inaudible le propos.


Ce débat n'est pas sérieux, car les seuls capables d'en parler sérieusement sont sur la touche depuis 60 ans, pendant que leurs détracteurs sont nommés les " climatosceptiques " : ces individus ne sont pas juste des "sceptiques", ce serait leur faire trop d'honneur.


Mais pire que tout, il n'y a pas de débat lorsque l'opinion majoritaire est construite par effet de lobbying, ou dictée par les rédactions des puissants.


Car là est le problème : l'environnement est devenu une cause politique, là où l'environnement est apparu comme un frein à l'expansion économique d'une poignée d'humains. Qui sert le politique aujourd'hui ? Nous connaissons tous la réponse. Et si les forêts brûlent, c'est aussi leur responsabilité qui est engagée.


Et la nôtre ?

Notre responsabilité commence là où l'environnement nous signale son incapacité à maintenir sa propre structure. C'est le cas depuis des années, cela va s'aggraver et nous sommes déjà entrain de vivre le lendemain catastrophique d'hier.


La responsabilité individuelle est réelle, totale, et doit être mise au centre du débat. L'inaction politique est motivée par notre inaction militante, sociale, artistique... Nous avons des outils, mais nous ne les utilisons pas.


Quid de nos choix individuels ? La sociologie l'a déjà largement commenté, notre cerveau n'est pas en capacité de comprendre ou d'anticiper la gravité d'un geste simple, a priori insignifiant à notre échelle, car il ne mesure pas sa multiplicité à l'échelle d'une population. Il faut donc faire un effort philosophique et intellectuel pour cela, et c'est à ce stade que l'on ne peut donc plus parler aux climatosceptiques.


En principe, le confinement aurait dû être le déclic : tout était parfait, pour enfin, comprendre l'intérêt de ralentir, de tout arrêter, de changer de paradigme, d'économie... Notre manière de percevoir l'autre, l'espace et le temps.

Mais non... Impossible, cette option est inenvisageable à cause de notre cerveau, encore une fois. La psychologie humaine a atomisé nos espoirs utopiques d'un monde d'après idéal, respectueux, ambitieux, collectif.


Au lieu de ça, les différences et les individualités sont au centre de tout, génèrent la haine, la jalousie, l'envie.


Je pourrais débattre pendant des heures sur le narcissisme primaire de l'humain, dire que les réseaux sociaux ont probablement aggravé notre cas en deconnectant des populations de l'intérêt fondamental pour la vie et l'environnement. Mais pour quoi faire ?


Ce n'est qu'un blog. Je ne suis personne. Je n'ai pas la prétention de pouvoir changer le monde, d'ici, avec ces lignes. J'avais trop envie de m'exprimer, car je suis énervé, attristé, touché, et je me sens impuissant.


Ces mots sont écrits à chaud, dans le train puis le tram, sautant d'une clim à l'autre en pensant à l'absurde de la situation.


Bonne journée à vous. Et bon courage aux sinistrés, humain comme animaux, et végétaux, s'ils m'entendent.




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